Mon bel ami Linotte (Tête de) a écrit un post concernant sa toute nouvelle entrée en création littéraire. Une mineure (ou un certificat, dépendamment du but final) qui se donne, pour notre part, à l'UL, mère du Rouge et Or dont je me fous un peu.
Linotte disait qu'un prof avait déjà réussi à le faire réfléchir en affirmant qu'il n'y avait pas de contexte idéal pour écrire. (Bon, je paraphrase, vous l'aurez compris, mes braves.)
Yé suis d'accord!
J'ai écrit dans un escalier, les fesses sur le bord d'une marche, dans un corridor du De Koninck, en attendant le doyen. J'ai souvent pris les dernières pages de mes cahiers de note pour commencer des nouvelles ou pour copier les puissants mots d'un prof en plein magistrat, les mots qui pouvaient m'allumer pour une envolée future. J'ai, bien sûr, écrit sur des serviettes de papier au restaurant. J'ai écrit sur mes murs de chambre. J'ai écrit sur des feuilles à dessin alors que les enfants barbouillaient sur la table. J'ai écrit dans mes mains. N'importe où.
La solitude pour écrire, bof.
La solitude pour la réécriture, d'accord.
Quant à mon ami Linotte, appelons-le Lin, je lui souhaite de découvrir des personnages et des intrigues dans sa soupe et ses céréales.
Z.
mardi 17 janvier 2006
mercredi 11 janvier 2006
Avoir dix enfants
Je n'aurai jamais dix enfants parce que la planification des repas serait vraiment trop chiante.
Je fais un seul repas, pas trois, le souper, pour une école de ski privée. Au début, j'étais un peu nerveuse, mais seulement parce que c'était tout nouveau. Je me suis fait un calendrier de menus, j'ai pris des notes quand je me renseignais sur des recettes typiques mais qui m'étaient inconnues. J'ai fait mes devoirs et je me sentais plutôt préparée.
J'en serai à mon huitième repas ce soir. Sur sept soupers, il y en a six qui ont été changés. Pour les prochains, qui sont plus rapprochés puisque je ne suis plus en "probation", je devrais être en mesure de suivre le plan. Mais ça reste à voir, ce matin, j'ai mis du Wite-Out sur cinq de mes cases de calendrier. Trop de lactose dans les produits offerts, trop de gluten... je dois aussi penser à deux de mes enfants skieurs qui ont des intolérances alimentaires. Quand je ne peux pas leur servir le met du jour, je dois leur faire un deuxième plat. Je ne veux pas que mes enfants meurent.
C'est de la job en tabarnak finalement. Et à cause de ça, c'est moins bien payé que je me l'imaginais. Et puisque je suis généreuse de nature, je ne compte pas les heures passées en déplacement, à l'épicerie, ni les heures bénévoles de ma maman qui m'accompagne au chic Costco Wholesale.
Si, moi, je suis généreuse, mon patron, lui, est gratteux. Chacun de mes services doit respecter le budget ultime de 10$ par tête. Si j'ai mes dix enfants à table, fourchette à la main, j'ai droit à 100$, mon salaire inclus! Ce soir, par exemple, juste en viande (qui se trouve à être du poisson), ça lui coûte 35$. (Mais c'est une exception.) J'ai environ pour 10$ de soupe. On est rendu à 45$. Je dois acheter des zucchinis et calculer environ 5$ pour des légumes que j'ai déjà. Disons 15$ de légumes en tout pour ce soir. On est rendu à 60$. Il reste le dessert qui est déjà fait, des brownies, si les enfants ne sont pas tombés dedans pendant mon absence, 5$ encore. 65$. Je dois donc coûter moins de 35$ ce soir. Je dois faire 3h et moins de cuisine. Mais je pense respecter ce laps de temps puisque je peux arriver plus tard aujourd'hui : la préparation n'est pas compliquée.
Mais vous voyez comme un travail tout ce qu'il y a de plus manuel peut devenir une plaie pour le cerveau!
Je me donne aussi le défi de plaire à tout le monde, même si ce n'est pas nécessaire du tout et surtout impossible. Si je me souviens bien, c'est mon côté Dupont-Dupond qui me fait ça. Je veux plaire, plaire, plaire. Et me faire remercier. Mais pas congédier. La belle torture de la zanzi-âme.
Mon boss m'appelle toujours Zanzie ou cuisinière de mon coeur. Mais depuis que je le brusque un peu en le rabrouant sur ses façons de faire, j'entends presque seulement le Zanzie.
Je n'aurai donc jamais dix enfants si le papa est le boss. Mais ça, on se doute bien que ça n'arrivera pas.
Z.
Je fais un seul repas, pas trois, le souper, pour une école de ski privée. Au début, j'étais un peu nerveuse, mais seulement parce que c'était tout nouveau. Je me suis fait un calendrier de menus, j'ai pris des notes quand je me renseignais sur des recettes typiques mais qui m'étaient inconnues. J'ai fait mes devoirs et je me sentais plutôt préparée.
J'en serai à mon huitième repas ce soir. Sur sept soupers, il y en a six qui ont été changés. Pour les prochains, qui sont plus rapprochés puisque je ne suis plus en "probation", je devrais être en mesure de suivre le plan. Mais ça reste à voir, ce matin, j'ai mis du Wite-Out sur cinq de mes cases de calendrier. Trop de lactose dans les produits offerts, trop de gluten... je dois aussi penser à deux de mes enfants skieurs qui ont des intolérances alimentaires. Quand je ne peux pas leur servir le met du jour, je dois leur faire un deuxième plat. Je ne veux pas que mes enfants meurent.
C'est de la job en tabarnak finalement. Et à cause de ça, c'est moins bien payé que je me l'imaginais. Et puisque je suis généreuse de nature, je ne compte pas les heures passées en déplacement, à l'épicerie, ni les heures bénévoles de ma maman qui m'accompagne au chic Costco Wholesale.
Si, moi, je suis généreuse, mon patron, lui, est gratteux. Chacun de mes services doit respecter le budget ultime de 10$ par tête. Si j'ai mes dix enfants à table, fourchette à la main, j'ai droit à 100$, mon salaire inclus! Ce soir, par exemple, juste en viande (qui se trouve à être du poisson), ça lui coûte 35$. (Mais c'est une exception.) J'ai environ pour 10$ de soupe. On est rendu à 45$. Je dois acheter des zucchinis et calculer environ 5$ pour des légumes que j'ai déjà. Disons 15$ de légumes en tout pour ce soir. On est rendu à 60$. Il reste le dessert qui est déjà fait, des brownies, si les enfants ne sont pas tombés dedans pendant mon absence, 5$ encore. 65$. Je dois donc coûter moins de 35$ ce soir. Je dois faire 3h et moins de cuisine. Mais je pense respecter ce laps de temps puisque je peux arriver plus tard aujourd'hui : la préparation n'est pas compliquée.
Mais vous voyez comme un travail tout ce qu'il y a de plus manuel peut devenir une plaie pour le cerveau!
Je me donne aussi le défi de plaire à tout le monde, même si ce n'est pas nécessaire du tout et surtout impossible. Si je me souviens bien, c'est mon côté Dupont-Dupond qui me fait ça. Je veux plaire, plaire, plaire. Et me faire remercier. Mais pas congédier. La belle torture de la zanzi-âme.
Mon boss m'appelle toujours Zanzie ou cuisinière de mon coeur. Mais depuis que je le brusque un peu en le rabrouant sur ses façons de faire, j'entends presque seulement le Zanzie.
Je n'aurai donc jamais dix enfants si le papa est le boss. Mais ça, on se doute bien que ça n'arrivera pas.
Z.
mercredi 4 janvier 2006
Les chansons
J'étais en train de réinventer la chanson "La mer" de Trenet en changeant les mots par "Ma mère, qu'on voit danser les soirs de lune claire, a des cheveux d'argent, ma mèèèèèère, donneuse de bis, infinis."
Et ça m'a fait penser à la chanson des prêts-ponts que Bébé et moi avons débutée et que Bébé seule a terminée.
La chanson des prêts-ponts
Mon nom est…
Fabio Pardini
De la Caisse Du Vallon
J’ai des gros yeux
Et j’accorde les prêts-ponts
Dans mon bureau
Il y a beaucoup d’action
Des marges de crédit
Et plein de transactions
Venez me voir
J’ai un style fanfaron
Des habits trop grands
Sur mon corps molasson
J’ai des contacts
Et mes taux sont très bons
Signez ici
Pour confirmer le « non »
Voici des cadeaux
Pour votre nouvelle maison
Confiture, café
À boire dans le salon
Fabio Pardini
De la Caisse Du Vallon
Prenons rendez-vous
Pour signer votre prêt-pont
Moi, ça me fait encore rire.
Z.
Et ça m'a fait penser à la chanson des prêts-ponts que Bébé et moi avons débutée et que Bébé seule a terminée.
La chanson des prêts-ponts
Mon nom est…
Fabio Pardini
De la Caisse Du Vallon
J’ai des gros yeux
Et j’accorde les prêts-ponts
Dans mon bureau
Il y a beaucoup d’action
Des marges de crédit
Et plein de transactions
Venez me voir
J’ai un style fanfaron
Des habits trop grands
Sur mon corps molasson
J’ai des contacts
Et mes taux sont très bons
Signez ici
Pour confirmer le « non »
Voici des cadeaux
Pour votre nouvelle maison
Confiture, café
À boire dans le salon
Fabio Pardini
De la Caisse Du Vallon
Prenons rendez-vous
Pour signer votre prêt-pont
Moi, ça me fait encore rire.
Z.
jeudi 22 décembre 2005
Je voulais imiter ma blonde, mais elle pense aux bonnes blagues avant moi.
On a reçu des tapettes à souper et j'ai été déçue de ma performance d'hôtesse.
Je le fais pas assez souvent pour avoir des automatismes cools. C'est pas que je veux pas, mais le fait est que l'on ne reçoit pas assez à mon goût. Si je préparais tout le temps des soirées pour plein de gens snobs ou ruraux, je saurais quand mettre de la musique, je saurais quelle quantité de petites bouchées servir sans en gaspiller les trois quarts, j'aurais plus de nappes, j'aurais des gadgets pour les serviettes et pour l'identification des verres.
Je serais la REINE de toutes les hôtesses du Boulevard Auclair!
Z.
Je le fais pas assez souvent pour avoir des automatismes cools. C'est pas que je veux pas, mais le fait est que l'on ne reçoit pas assez à mon goût. Si je préparais tout le temps des soirées pour plein de gens snobs ou ruraux, je saurais quand mettre de la musique, je saurais quelle quantité de petites bouchées servir sans en gaspiller les trois quarts, j'aurais plus de nappes, j'aurais des gadgets pour les serviettes et pour l'identification des verres.
Je serais la REINE de toutes les hôtesses du Boulevard Auclair!
Z.
lundi 19 décembre 2005
Et.
Sur le Boulevard Auclair, les écureuils se font écraser, comme ailleurs. Les familiales se croisent et les Accents essaient d'aller vite. La flotte des autobus est peu nombreuse et les groscrissdecamionssales ne dérangent personne parce qu'ils préfèrent passer sur la 40, juste en face. Les gens marchent et se promènent et trottent et courent et avancent et bougent et poussent des poussettes et jasent. Et reviennent et repassent et se perdent et tournent en rond et rentrent.
Sur le Boulevard Auclair, les gens marchent pour ne pas penser. Il y a la forêt et la rivière, mais elles ne sont pas observées. Elles peuvent faire des mauvais coups. Les marcheurs savent qu'elles sont là et c'est tout. C'est pas tellement intéressant un arbre, une goutte d'eau, une roche. Et même si ça l'était, vaut mieux marcher, vite, vite. Pour rien. Pour la forme physique et pour la forme tout court. On fait pomper la patate et on ignore la forêt et la rivière et on passe.
Moi, je suis assise, je regarde la forêt et j'imagine la rivière plus bas. Je ne bouge pas, je plisse les yeux parce que la lumière est trop blanche dehors, les gens me font de l'ombre quand ils se trouvent entre moi et les bouleaux. Je ne suis pas pressée et je déteste marcher.
J'ai du temps pour penser et pour me souvenir. J'ai fait l'amour, hier, et c'était vraiment doux et sucré. J'ai la matinée pour moi et mes idées. La semaine sera peut-être un peu chargée pour une semaine pré-nàel. Je vais cuisiner et masser et rendre les gens bourrés et souples. Et quand je ne ferai pas de bien à personne, je finirai un sudoku ou j'écouterai Nana chanter Old Toy Train.
Je n'irai pas marcher.
Z.
Sur le Boulevard Auclair, les gens marchent pour ne pas penser. Il y a la forêt et la rivière, mais elles ne sont pas observées. Elles peuvent faire des mauvais coups. Les marcheurs savent qu'elles sont là et c'est tout. C'est pas tellement intéressant un arbre, une goutte d'eau, une roche. Et même si ça l'était, vaut mieux marcher, vite, vite. Pour rien. Pour la forme physique et pour la forme tout court. On fait pomper la patate et on ignore la forêt et la rivière et on passe.
Moi, je suis assise, je regarde la forêt et j'imagine la rivière plus bas. Je ne bouge pas, je plisse les yeux parce que la lumière est trop blanche dehors, les gens me font de l'ombre quand ils se trouvent entre moi et les bouleaux. Je ne suis pas pressée et je déteste marcher.
J'ai du temps pour penser et pour me souvenir. J'ai fait l'amour, hier, et c'était vraiment doux et sucré. J'ai la matinée pour moi et mes idées. La semaine sera peut-être un peu chargée pour une semaine pré-nàel. Je vais cuisiner et masser et rendre les gens bourrés et souples. Et quand je ne ferai pas de bien à personne, je finirai un sudoku ou j'écouterai Nana chanter Old Toy Train.
Je n'irai pas marcher.
Z.
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