dimanche 15 juillet 2007

J'accouche

Pour répondre à Danaee, oui, tu dois comprendre que Bébé Poumier arrive chez nous pour de bon le 19 juillet. Pour de bon veut dire "jusqu'en novembre assurément". Ensuite, on devra attendre le verdict d'un deuxième jugement de la cour.

Pour inclure maintenant mes autres lecteurs, la nouvelle est simple : la banque mixte a porté fruit. M-Chue et moi étions enceintes depuis 10 mois déjà. Nous attendions cet enfant, mais surtout les appels répétés et nombreux de notre Centre Jeunesse depuis le 19 septembre 2006.

Nous avons appris que Bébé Poumier existait le 12 juin (la veille de ma fête). Le bébé s'est pointé la tête le 10 juillet (rencontre d'une heure avec lui dans sa FA). Mais puisque ses oreilles sont un peu larges, il tarde à sortir complètement de sa famille d'accueil. Nous avons vu son buste le 12 juillet (il a visité notre/sa maison pendant quelques heures) et nous aurons le plaisir de toucher son tronc dès demain, lundi, et ce, jusqu'à mardi matin (il fera dodo ici)! Enfin, jeudi, le 19 juillet, il sera en notre compagnie, 10 mois pile après notre inscription en banque mixte.

Nous avons été chanceuses, notre dossier a avancé rapidement, ce n'est pas un cas habituel, nous étions inscrite dans une autre banque, en adoption régulière, depuis 2004, ce qui nous a permis de faire un bon devant les autres. L'attente normale en BM est de deux ans et demi.

C'est donc une nouvelle sorte d'attente qui commence. Remplie d'espoir, puisque nous savons que nous chérirons et aimerons rapidement ce petit garçon de cinq mois, qui en aura neuf lors du prochain jugement/placement.

Je dis Yay! quand même.

Je serai mère d'accueil dans moins d'une semaine.

La maison regorge maintenant de poussette, de banc d'auto, de chaise haute, de linge couvert de lapin, de jouet aux couleurs primaires. Bientôt, ça sentira le lait caillé et les couches bien pleines.

Ça fera changement de l'odeur de chien fatigué qui suit Auguste partout

Z.

mardi 26 juin 2007

Tagguée? C'est normal, je cours pas vite.

Tellement pas vite depuis que j'ai un ménisque déchiré ET le dos barré. C'est fantastique. Danaée, je le fais pour toi, et c'est ben juste parce que t'es en chimio, tu ne sais plus ce que tu fais. :) Comme me tagguer.

Réglement : Chaque personne décrit sept choses à propos d’elle-même. Ceux qui ont été «taggués» doivent écrire sur leurs blogues ces sept choses ainsi que ce règlement. (Jusque-là, ça va.) Ensuite, vous devez tagguer sept autres personnes et les énumérer sur votre blogue. Après, vous devez laisser un message aux 7 blogueurs pour les prévenir qu'ils ont été taggués en leur indiquant : « C’est toi le chat ! » (Non, vraiment, j'ai pas d'amis. Je vais me contenter de tagguer ma blonde, je vous avertis. Il y aurait eu Tête de Linotte, mais il est silencieux depuis décembre, je pense pas que la tag le ramènera au blogue.)

Et de un
J'ai fait beaucoup de choses dans ma vie, je ne sais toujours pas ce que j'aime le mieux. Il y a eu les lettres, les comm, la création, l'édition, la radio, la garde d'enfants, la cuisine, la masso, la correction et toujours l'intérêt n'est pas resté. C'est triste, mais j'assume et je regrette aussi.

Et de deux
J'exagère. Toujours.

Et de trois
J'aime mieux le frais que le chaud. Depuis que je suis sur l'ordinateur ce matin, la température a augmenté de deux degrés dans la maison et je panique un peu.

Et de quatre
Je suis bisexuelle. Comme dans "être capable d'aimer les deux sexes". Pas en même temps. Pas parce que je veux, mais parce que ça arrive des choses comme ça. J'ai trippé sur des gars et je suis en amour avec M-Chue. Notre histoire est la plus jolie que je connaisse.

Et de cinq
Je suis dépendante de ma famille. J'aime mes frères et je veux toujours savoir ce que ma mère pense de mes choix, de mes décisions, de mes amis, de ma maison, de mon chien. J'accepte mal que nous n'ayons pas toujours les mêmes goûts, mais je veux quand même qu'elle les exprime. Je dois lui parler souvent. Même si c'est pour la trouver bête, même si c'est pour rire, même si c'est seulement pour demander comment ça va. Je le ferais aussi avec mes frères, mais je les laisse vivre. Je prends pour acquis que ma mère a juste ça à faire, me répondre, parce qu'elle en fait autant. Je m'ennuie de mon père presqu'à tous les jours.

Et de six
J'ai un IcePack dans les culottes en ce moment-même. C'est pour mon dos. Et il y a des oeufs qui cuisent et qui seront prêts vers midi dix.

Et de sept
J'ai déjà tué un lapin en essayant de lui montrer à sauter plus haut. En fait, sa patte s'est cassée et on a dû le faire tuer. On l'a pas mangé. J'ai blâmé ma voisine, mais je mentais très mal à l'époque.

Done.

M-Chue, tag!

Z.

dimanche 3 juin 2007

Déchirée par en dedans

Littéralement.

Vendredi le 25 mai, alors que je me restaurais d'un lunch assez ordi au petit parc urbain près du bureau, avec plusieurs collègues/amies, l'envie m'est venue de me lever. Ça arrive, des fois, quand je suis assise par terre, après un temps, je veux me relever. J'ai donc tassé quelques petites choses du chemin et ai entrepris de lever mon cul de terre.

Je pense que j'aurais dû rester assise pour le restant de mes jours parce que quand ma jambe à demi dépliée a essayé de rejoindre sa jumelle, mon ménisque a déchiré.

Mais je ne pensais pas que c'était ça. Non, je pensais naïvement que, comme d'habitude, mon genou se disloquait partiellement. Comme d'habitude, donc, je n'avais qu'à étirer ma jambe, la mettre bien droite et j'entendrais le "pop" qui signifie la fin de mon rush d'adrénaline.

Le "pop" n'est jamais venu. Jamais. J'ai tiré, j'ai déplié, j'ai aussi crié un peu. M.-F. a aussi tenté de tirer pour remettre le tout en place. Rien n'y faisait. Après consultation avec des mes collègues/amies, j'ai décidé d'appeler l'ambulance. Le dispatcher m'a posé des questions remplies de finesse et d'intelligence après que JE lui aie dit que JE m'étais disloqué le genou : "Est-ce que c'est à vous que c'est arrivé? Est-ce qu'il y a une grosse perte de sang? Respirez-vous normalement?" Oui, c'est arrivé à mon genou, c'est ça que je voulais dire par "je". Le genou est disloqué, j'ai pas dit que mon fémur et mon tibia sortaient de ma chair. Je te parle et tu me comprends, penses-tu que je respire assez bien? Vraiment, tout pour me mettre en confiance.

Les ambulanciers sont arrivés. Un gars et une fille. La fille était plus forte et plus grande que le gars. Je leur ai demandé de me remettre le genou dans le sens du monde. Ils m'ont dit qu'ils ne savaient pas comment faire ça, ont pris ma pression, mon pouls, ont préparé la civière, m'ont demandé si je voulais aller à St-Sacrement ou à St-François, m'ont attachée, m'ont embarquée, ont remercié mes collègues/amies et le gars a pris le volant.

Je n'avais pas grand chose à dire. L'ambulancière était à l'arrière avec moi et a commencé à me poser plein de questions. Elle écrivait les réponses sur son gant de latex. À l'hôpital, elle a remâché tout ça à l'infirmière qui avait dit : "C'est le genou qu'on attendait?" Pendant un instant, je me suis dit qu'ils avaient décidé sans m'en parler de m'amputer le genou et de le donner à quelqu'un d'autre. Oui, j'étais le genou qu'ils attendaient.

Une préposée à la chaise roulante m'a parkée dans la salle d'attente en me disant que ça ne serait pas très long. Elle avait dit vrai, ça a pris moins de 24h. Je suis restée dans cette salle, à voir passer tout le monde avant moi, pendant 7h. Au bout de 7h, j'ai attendu 30 autres minutes dans la salle d'examen. Une heure après mon arrivée en ambulance, une tête grise que j'ai reconnue assez vite s'est présentée dans la porte vitrée de l'hôpital. Ma mère, qui avait été appelée par ma blonde, à ma demande, pour l'avertir que j'aurais besoin d'un lift pour m'en aller, était venue attendre avec sa fille. J'ai pleuré. Je me sentais tellement toute seule depuis 60 minutes ... Ma mère m'a parlé de ma nièce, de mon neveu et ma pression est tombée, j'ai attendu comme une grande fille, accompagnée, enfin, de sa maman.

Finalement, Dr. J. est venu, m'a posé des questions, m'a fait quelques manipulations, j'attendais toujours d'entendre mon "pop". Le Doc a dit : "C'est pas un genou disloqué, c'est une déchirure du ménisque. Retournez chez vous et attendez. Voulez-vous des béquilles?"

J'ai dit : "Oui, svp." Et je suis partie avec ma mère. J'ai au moins appris que je ne m'étais jamais disloqué le genou, ever. Depuis 2001 ou 2002, période à laquelle je me souviens avoir eu mon premier épisode douloureux au genou, mon ménisque se déchirait régulièrement. Une fois au deux ou trois mois peut-être. Chaque fois, je pensais que je replaçais mon genou disloqué, mais non. Ce qui arrivait plutôt, c'est que mon ménisque se déchirait un peu, pas assez, le morceau pendant dans l'articulation retournait sûrement à sa place quand je mettais ma jambe droite.

Le vendredi 25 mai, il a déchiré complètement. Du moins, c'est mon hypothèse. Je pourrais passer une résonance magnétique pour en avoir le coeur et les yeux nets, mais j'ai pas envie. Si mon genou ne me plaît plus ou s'il m'empêche de faire des p'tites choses que j'aime comme monter un escalier et le descendre, je pourrai aussi envisager une opération de 5 à 20 minutes en laparo pour enlever le bout déchiré de mon ménisque.

Pour le moment, ça baigne. Je ne pense pas me faire opérer. Ça fait une semaine que c'est arrivé, j'ai eu trois jours de béquille, trois jours de canne et je marche seule maintenant. J'ai aussi pris ma douche assise sur un petit banc pendant une semaine. C'était vraiment très pratique. Le petit banc m'aidait à terminer mes ascensions d'escalier quand ma jambe ne pouvait pas du tout porter un gramme de poids. Ma belle Moustachue aussi m'a aidée. Elle a tout fait, TOUT, pendant la première fin de semaine. Moi, j'équeutais des fèves allongée sur le divan du salon.

Et je donnais des ordres. J'aime mieux donner des ordres quand je peux faire la tâche moi-même mais que je décide de le demander quand même. Quand j'ai pas le choix, it's no fun.

Aujourd'hui, mon genou me dit qu'il existe. À part les deux premières journées de rémission (incluant la soirée de l'accident), je n'ai pas vraiment eu mal au genou. Dès le dimanche matin, la douleur avait disparue, ne restait qu'une extrême faiblesse et une amplitude de merde. Là, puisque je marche plus et mieux, mon genou aura quelques crampes. Mon Doc de famille m'a avertie.

Mais je vais assez mieux pour aller aider ma maman dans la préparation d'une réception pour la fête de mon oncle J.-M. C'est un oncle que je n'aimais pas. En vieillissant, lui comme moi, ça va mieux.

Z.

lundi 23 avril 2007

Varia

Comme quand j'écrivais mon journal alors que j'étais pressée, voici quelques notes.

BM
Pour banque mixte. Nous sommes accréditées famille d'accueil banque mixte, nous avons même reçu le rapport le confirmant. Nous savons aussi, de source amicale et sûre, que nous sommes "sur la table" au centre jeunesse. Sur la table, comme le ketchup et la mayo quand on bouffe des burgers. Ceux qui en veulent en prennent, si personne n'en veut, on les laisse sur le napperon du milieu et on les range à la fin du repas. Mais on ressort les deux bouteilles au prochain souper de hot-dogs quand même. M-Chue et moi sommes donc des condiments. On attend que le travailleur social d'un enfant retiré de sa famille prenne du ketchup ou de la mayo. Encore mieux, les deux! Ça fait une petite sauce rosée et les enfants en raffolent.

Attente
Maintenant, j'ai vraiment hâte d'avoir un bébé (ou deux) à la maison. Avant qu'on s'inscrive en BM, je me disais qu'avoir un enfant (ou trois), ce n'était pas obligatoire, dans la vie. Mais finalement, c'est un projet si merveilleux et qui va tellement changer la routine que j'en ai maintenant besoin. D'accessoire, l'envie d'élever un enfant (ou quatre) est devenue primordiale. Et l'attente en BM est longue. Elle semble s'éterniser même si ça ne fait même pas un mois que le rapport a été écrit, même si on sait qu'on est déjà dans le top 15 de la liste, même si on a sauté deux ans d'attente en tout parce qu'on avait eu la brillante idée (qu'on ne savait pas brillante à l'époque) de s'inscrire en adoption régulière en 2004, même si on sait qu'on est chanceuses que ça aille si vite, c'est long. Je suis derrière une vieille dame au guichet automatique, elle paye des factures, elle fait des dépôts, elle retire de l'argent comptant, elle regarde ses soldes à l'écran, les analyse et imprime quand même son carnet. Elle laisse le guichet libre, mais il devient hors d'usage parce que la commis de la banque doit le remplir. Je suis derrière cette vieille dame et c'est long et je m'impatiente. Voilà.

Le post des métaphores
Non mais, j'suis hot! Deux métaphores du quotidien en deux paragraphes. Je suis Lynda Lemay. (Est-ce qu'elle fout vraiment deux Y dans son nom?)

La correction
J'ai terminé la formation de trois jours précédant mon contrat annuel de correction d'examens de secondaire cinq. C'était bien. M&M reviennent corriger cette année, ce sera un bonbon de plus (ombre d'une troisième métaphore). Mais la grand-maman de Lili-Rose reste à la retraite, travaillant (quand même!) pour un autre contrat. On va s'ennuyer, L.!

Boobie
M-Chue est belle.

Cette semaine
C'est la semaine des rendez-vous.
Mardi 13h, rencontre avec le paysagiste, ici.
Jeudi, 9h, esthéticienne.
Vendredi, 7h15, Toyota, pour Renee qui doit changer de peneus.
Si possible, me trouver un rendez-vous chez la coiffeuse.

Z.

mardi 3 avril 2007

C'était pas plus compliqué que ça.

Eh non, pas plus compliqué que de faire un osso buco, pas plus difficile que de sortir d'un long moment de constipation, pas plus méchant que de la Marmite, pas plus aggressant qu'un rire aigu. Non, c'était pas compliqué, c'était juste stressant et c'est maintenant, oui, terminé. F-i-fi-n-i-ni. Fini.

M-Chue et moi sommes accréditées famille d'accueil banque mixte.On devrait pouvoir lire le rapport officiel bientôt, il sera livré dans notre courrier.

Bébé(s)(es) Poumier devrai(en)t nous être présenté(s)(es) dès que ses (leurs) parents auront accepté qu'il(s)/elle(s) se fasse(nt) dorloter par deux mamans de remplacement. Je ne sais toujours pas si ce sera un bébé ou une bébée ou des bébé(e)s, je ne sais pas non plus s'il(s)/elle(s) aura(auront) des cheveux bruns, des blonds ou s'il(s)/elle(s) sera(seront) encore chauve(s)! Il(s)/elle(s) n'est(ne sont) pas choisi(es). Il(s)/elle(s) habite(nt) même peut-être encore avec sa maman et elle ne prend déjà peut-être pas le temps de s'en occuper comme il le faut. En ce moment, je crois que bébé(s)(es) Poumier est (sont) déjà né(s)(es), déjà vivant(s)(es) et qu'il(s)/elle(s) pense, lui/elle(s)/eux aussi, qu'il(s)/elle(s) serai(en)t peut-être mieux ailleurs (ici).

Moi, j'ai surtout hâte de savoir combien j'en aurez et de quel sexe il(s)/elle(s) sera (seront) parce qu'écrire avec les parenthèses, c'est un peu long.

Z.