Notre petit V. est fantastique. C'est un bébé digne d'être un Poumier. Il est dans la lune des fois comme sa maman M-Chue, il aime l'eau comme sa maman Zanzie, il est fort et a le désir de marcher avant 10 mois comme son cousin Jacob et il parle beaucoup comme sa cousine Marine.
C'est un bébé de matin. Le soir, il est toujours plus maussade. Je lui dis : "Pleure un peu, c'est correct, il reste juste une heure avant que tu retournes au lit." C'est un bébé couche-tôt. C'est pas nous qui avons décidé de l'horaire, c'est lui. Vers 18h, le bain, vers 19h, il est au lit. Des fois, c'est encore plus tôt. Mais il semble avoir pris une belle habitude et s'en tenir à cet horaire.
Les soirées d'hiver seront remplies de séries américaines et de reality shows, on va avoir le temps. On va même avoir le temps d'écouter des émissions qui commencent vraiment tôt, comme Virginie (NOT).
Son entourage l'apprécie, V. Il est facile pas mal avec tout le monde et, oui, je réalise la chance que j'ai.
Z.
samedi 22 septembre 2007
Les deux chaises vertes
Dans ma maison d'enfance, d'une enfance qui a duré 22 ans, il y avait une pièce au rez-de-chaussée qu'on appelait "le bureau". Il a avait été construit et décoré dans ce sens, le sens d'être un bureau. Un bureau des années 70. Beaucoup de bois, des armoires et des bibliothèques fixées au mur, un énorme bureau et seulement quelques tiroirs, un tapis de chaise en plastique, une ou deux crédences, un coffre-fort et quelques bouteilles de boisson oubliées dans ce qu'on pensait être un bar pour les clients importants de mon père.
Cette pièce devait appartenir à mon père, mais il n'y a que ma mère qui disait souvent "le bureau de ton père". Mon père ne recevait que très (très) rarement des clients à la maison. Nous, les enfants, on disait plutôt "le bureau" tout court puisqu'on se l'appropriait assez souvent. On y allait pour jouer, pour voir papa dicter, pour recevoir des amis en paix, pour écrire sur le clavier du premier ordinateur de la maison (qui a tôt fait de prendre sa place au sous-sol, dans la salle des enfants, parce que mon père n'en avait rien à crisser d'un ordi dans "son" bureau), pour voir revenir nos parents d'un voyage (le bureau offrait la meilleure vue sur la rue d'en avant et sur l'entrée), pour faire un appel personnel.
La pièce était la seule de la maison qui avait un thème dans la déco. Le genre pub irlandais, mais sérieux en même temps. Des rideaux carreautés brun et vert, des tissu épais pour ces rideaux et pour le recouvrement des meubles, du bois, comme je l'ai dit, de la boisson, comme je l'ai dit. C'était chaleureux et assez poussiéreux même quand ce ne l'était pas.
Cette nuit, j'ai rêvé de cette pièce. J'ai surtout rêvé des deux chaises vertes qui faisaient face à la grande chaise du boss, blanc crème/gris, de l'autre côté du bureau. Des chaises de leur époque, 1976. Pas confortables, mais pratique quand même, avec leur tissu rugueux. On les prenait souvent quand on avait trop de monde à table. C'est souvent ma mère qui s'assoyait dessus, et ça lui mettait le cul plus bas que les autres. Dans le rêve, je classais les bijoux de ma mère avant qu'elle ne meurt et je voulais reprendre les chaises. Elles n'étaient pas exactement comme les originales, mais le feeling était là.
Je sais que les chaises ont peut-être disparues. Ma mère ne les a pas prises avec elle lors du déménagement. Personne ne les a choisies. Je suis tannée de regretter les meubles de mon enfance que nous avons laissés à la maison avant de vendre. Je ne suis plus capable de me dire : "J'aurais donc dû les prendre..." J'aimerais ne plus y penser. D'un autre côté, ça fait du bien de revoir le bureau en rêve parce qu'en réalité, je me souviens mal des détails de ma maison, comme des traits de mon père.
Z.
Cette pièce devait appartenir à mon père, mais il n'y a que ma mère qui disait souvent "le bureau de ton père". Mon père ne recevait que très (très) rarement des clients à la maison. Nous, les enfants, on disait plutôt "le bureau" tout court puisqu'on se l'appropriait assez souvent. On y allait pour jouer, pour voir papa dicter, pour recevoir des amis en paix, pour écrire sur le clavier du premier ordinateur de la maison (qui a tôt fait de prendre sa place au sous-sol, dans la salle des enfants, parce que mon père n'en avait rien à crisser d'un ordi dans "son" bureau), pour voir revenir nos parents d'un voyage (le bureau offrait la meilleure vue sur la rue d'en avant et sur l'entrée), pour faire un appel personnel.
La pièce était la seule de la maison qui avait un thème dans la déco. Le genre pub irlandais, mais sérieux en même temps. Des rideaux carreautés brun et vert, des tissu épais pour ces rideaux et pour le recouvrement des meubles, du bois, comme je l'ai dit, de la boisson, comme je l'ai dit. C'était chaleureux et assez poussiéreux même quand ce ne l'était pas.
Cette nuit, j'ai rêvé de cette pièce. J'ai surtout rêvé des deux chaises vertes qui faisaient face à la grande chaise du boss, blanc crème/gris, de l'autre côté du bureau. Des chaises de leur époque, 1976. Pas confortables, mais pratique quand même, avec leur tissu rugueux. On les prenait souvent quand on avait trop de monde à table. C'est souvent ma mère qui s'assoyait dessus, et ça lui mettait le cul plus bas que les autres. Dans le rêve, je classais les bijoux de ma mère avant qu'elle ne meurt et je voulais reprendre les chaises. Elles n'étaient pas exactement comme les originales, mais le feeling était là.
Je sais que les chaises ont peut-être disparues. Ma mère ne les a pas prises avec elle lors du déménagement. Personne ne les a choisies. Je suis tannée de regretter les meubles de mon enfance que nous avons laissés à la maison avant de vendre. Je ne suis plus capable de me dire : "J'aurais donc dû les prendre..." J'aimerais ne plus y penser. D'un autre côté, ça fait du bien de revoir le bureau en rêve parce qu'en réalité, je me souviens mal des détails de ma maison, comme des traits de mon père.
Z.
dimanche 15 juillet 2007
J'accouche
Pour répondre à Danaee, oui, tu dois comprendre que Bébé Poumier arrive chez nous pour de bon le 19 juillet. Pour de bon veut dire "jusqu'en novembre assurément". Ensuite, on devra attendre le verdict d'un deuxième jugement de la cour.
Pour inclure maintenant mes autres lecteurs, la nouvelle est simple : la banque mixte a porté fruit. M-Chue et moi étions enceintes depuis 10 mois déjà. Nous attendions cet enfant, mais surtout les appels répétés et nombreux de notre Centre Jeunesse depuis le 19 septembre 2006.
Nous avons appris que Bébé Poumier existait le 12 juin (la veille de ma fête). Le bébé s'est pointé la tête le 10 juillet (rencontre d'une heure avec lui dans sa FA). Mais puisque ses oreilles sont un peu larges, il tarde à sortir complètement de sa famille d'accueil. Nous avons vu son buste le 12 juillet (il a visité notre/sa maison pendant quelques heures) et nous aurons le plaisir de toucher son tronc dès demain, lundi, et ce, jusqu'à mardi matin (il fera dodo ici)! Enfin, jeudi, le 19 juillet, il sera en notre compagnie, 10 mois pile après notre inscription en banque mixte.
Nous avons été chanceuses, notre dossier a avancé rapidement, ce n'est pas un cas habituel, nous étions inscrite dans une autre banque, en adoption régulière, depuis 2004, ce qui nous a permis de faire un bon devant les autres. L'attente normale en BM est de deux ans et demi.
C'est donc une nouvelle sorte d'attente qui commence. Remplie d'espoir, puisque nous savons que nous chérirons et aimerons rapidement ce petit garçon de cinq mois, qui en aura neuf lors du prochain jugement/placement.
Je dis Yay! quand même.
Je serai mère d'accueil dans moins d'une semaine.
La maison regorge maintenant de poussette, de banc d'auto, de chaise haute, de linge couvert de lapin, de jouet aux couleurs primaires. Bientôt, ça sentira le lait caillé et les couches bien pleines.
Ça fera changement de l'odeur de chien fatigué qui suit Auguste partout
Z.
Pour inclure maintenant mes autres lecteurs, la nouvelle est simple : la banque mixte a porté fruit. M-Chue et moi étions enceintes depuis 10 mois déjà. Nous attendions cet enfant, mais surtout les appels répétés et nombreux de notre Centre Jeunesse depuis le 19 septembre 2006.
Nous avons appris que Bébé Poumier existait le 12 juin (la veille de ma fête). Le bébé s'est pointé la tête le 10 juillet (rencontre d'une heure avec lui dans sa FA). Mais puisque ses oreilles sont un peu larges, il tarde à sortir complètement de sa famille d'accueil. Nous avons vu son buste le 12 juillet (il a visité notre/sa maison pendant quelques heures) et nous aurons le plaisir de toucher son tronc dès demain, lundi, et ce, jusqu'à mardi matin (il fera dodo ici)! Enfin, jeudi, le 19 juillet, il sera en notre compagnie, 10 mois pile après notre inscription en banque mixte.
Nous avons été chanceuses, notre dossier a avancé rapidement, ce n'est pas un cas habituel, nous étions inscrite dans une autre banque, en adoption régulière, depuis 2004, ce qui nous a permis de faire un bon devant les autres. L'attente normale en BM est de deux ans et demi.
C'est donc une nouvelle sorte d'attente qui commence. Remplie d'espoir, puisque nous savons que nous chérirons et aimerons rapidement ce petit garçon de cinq mois, qui en aura neuf lors du prochain jugement/placement.
Je dis Yay! quand même.
Je serai mère d'accueil dans moins d'une semaine.
La maison regorge maintenant de poussette, de banc d'auto, de chaise haute, de linge couvert de lapin, de jouet aux couleurs primaires. Bientôt, ça sentira le lait caillé et les couches bien pleines.
Ça fera changement de l'odeur de chien fatigué qui suit Auguste partout
Z.
mardi 26 juin 2007
Tagguée? C'est normal, je cours pas vite.
Tellement pas vite depuis que j'ai un ménisque déchiré ET le dos barré. C'est fantastique. Danaée, je le fais pour toi, et c'est ben juste parce que t'es en chimio, tu ne sais plus ce que tu fais. :) Comme me tagguer.
Réglement : Chaque personne décrit sept choses à propos d’elle-même. Ceux qui ont été «taggués» doivent écrire sur leurs blogues ces sept choses ainsi que ce règlement. (Jusque-là, ça va.) Ensuite, vous devez tagguer sept autres personnes et les énumérer sur votre blogue. Après, vous devez laisser un message aux 7 blogueurs pour les prévenir qu'ils ont été taggués en leur indiquant : « C’est toi le chat ! » (Non, vraiment, j'ai pas d'amis. Je vais me contenter de tagguer ma blonde, je vous avertis. Il y aurait eu Tête de Linotte, mais il est silencieux depuis décembre, je pense pas que la tag le ramènera au blogue.)
Et de un
J'ai fait beaucoup de choses dans ma vie, je ne sais toujours pas ce que j'aime le mieux. Il y a eu les lettres, les comm, la création, l'édition, la radio, la garde d'enfants, la cuisine, la masso, la correction et toujours l'intérêt n'est pas resté. C'est triste, mais j'assume et je regrette aussi.
Et de deux
J'exagère. Toujours.
Et de trois
J'aime mieux le frais que le chaud. Depuis que je suis sur l'ordinateur ce matin, la température a augmenté de deux degrés dans la maison et je panique un peu.
Et de quatre
Je suis bisexuelle. Comme dans "être capable d'aimer les deux sexes". Pas en même temps. Pas parce que je veux, mais parce que ça arrive des choses comme ça. J'ai trippé sur des gars et je suis en amour avec M-Chue. Notre histoire est la plus jolie que je connaisse.
Et de cinq
Je suis dépendante de ma famille. J'aime mes frères et je veux toujours savoir ce que ma mère pense de mes choix, de mes décisions, de mes amis, de ma maison, de mon chien. J'accepte mal que nous n'ayons pas toujours les mêmes goûts, mais je veux quand même qu'elle les exprime. Je dois lui parler souvent. Même si c'est pour la trouver bête, même si c'est pour rire, même si c'est seulement pour demander comment ça va. Je le ferais aussi avec mes frères, mais je les laisse vivre. Je prends pour acquis que ma mère a juste ça à faire, me répondre, parce qu'elle en fait autant. Je m'ennuie de mon père presqu'à tous les jours.
Et de six
J'ai un IcePack dans les culottes en ce moment-même. C'est pour mon dos. Et il y a des oeufs qui cuisent et qui seront prêts vers midi dix.
Et de sept
J'ai déjà tué un lapin en essayant de lui montrer à sauter plus haut. En fait, sa patte s'est cassée et on a dû le faire tuer. On l'a pas mangé. J'ai blâmé ma voisine, mais je mentais très mal à l'époque.
Done.
M-Chue, tag!
Z.
Réglement : Chaque personne décrit sept choses à propos d’elle-même. Ceux qui ont été «taggués» doivent écrire sur leurs blogues ces sept choses ainsi que ce règlement. (Jusque-là, ça va.) Ensuite, vous devez tagguer sept autres personnes et les énumérer sur votre blogue. Après, vous devez laisser un message aux 7 blogueurs pour les prévenir qu'ils ont été taggués en leur indiquant : « C’est toi le chat ! » (Non, vraiment, j'ai pas d'amis. Je vais me contenter de tagguer ma blonde, je vous avertis. Il y aurait eu Tête de Linotte, mais il est silencieux depuis décembre, je pense pas que la tag le ramènera au blogue.)
Et de un
J'ai fait beaucoup de choses dans ma vie, je ne sais toujours pas ce que j'aime le mieux. Il y a eu les lettres, les comm, la création, l'édition, la radio, la garde d'enfants, la cuisine, la masso, la correction et toujours l'intérêt n'est pas resté. C'est triste, mais j'assume et je regrette aussi.
Et de deux
J'exagère. Toujours.
Et de trois
J'aime mieux le frais que le chaud. Depuis que je suis sur l'ordinateur ce matin, la température a augmenté de deux degrés dans la maison et je panique un peu.
Et de quatre
Je suis bisexuelle. Comme dans "être capable d'aimer les deux sexes". Pas en même temps. Pas parce que je veux, mais parce que ça arrive des choses comme ça. J'ai trippé sur des gars et je suis en amour avec M-Chue. Notre histoire est la plus jolie que je connaisse.
Et de cinq
Je suis dépendante de ma famille. J'aime mes frères et je veux toujours savoir ce que ma mère pense de mes choix, de mes décisions, de mes amis, de ma maison, de mon chien. J'accepte mal que nous n'ayons pas toujours les mêmes goûts, mais je veux quand même qu'elle les exprime. Je dois lui parler souvent. Même si c'est pour la trouver bête, même si c'est pour rire, même si c'est seulement pour demander comment ça va. Je le ferais aussi avec mes frères, mais je les laisse vivre. Je prends pour acquis que ma mère a juste ça à faire, me répondre, parce qu'elle en fait autant. Je m'ennuie de mon père presqu'à tous les jours.
Et de six
J'ai un IcePack dans les culottes en ce moment-même. C'est pour mon dos. Et il y a des oeufs qui cuisent et qui seront prêts vers midi dix.
Et de sept
J'ai déjà tué un lapin en essayant de lui montrer à sauter plus haut. En fait, sa patte s'est cassée et on a dû le faire tuer. On l'a pas mangé. J'ai blâmé ma voisine, mais je mentais très mal à l'époque.
Done.
M-Chue, tag!
Z.
dimanche 3 juin 2007
Déchirée par en dedans
Littéralement.
Vendredi le 25 mai, alors que je me restaurais d'un lunch assez ordi au petit parc urbain près du bureau, avec plusieurs collègues/amies, l'envie m'est venue de me lever. Ça arrive, des fois, quand je suis assise par terre, après un temps, je veux me relever. J'ai donc tassé quelques petites choses du chemin et ai entrepris de lever mon cul de terre.
Je pense que j'aurais dû rester assise pour le restant de mes jours parce que quand ma jambe à demi dépliée a essayé de rejoindre sa jumelle, mon ménisque a déchiré.
Mais je ne pensais pas que c'était ça. Non, je pensais naïvement que, comme d'habitude, mon genou se disloquait partiellement. Comme d'habitude, donc, je n'avais qu'à étirer ma jambe, la mettre bien droite et j'entendrais le "pop" qui signifie la fin de mon rush d'adrénaline.
Le "pop" n'est jamais venu. Jamais. J'ai tiré, j'ai déplié, j'ai aussi crié un peu. M.-F. a aussi tenté de tirer pour remettre le tout en place. Rien n'y faisait. Après consultation avec des mes collègues/amies, j'ai décidé d'appeler l'ambulance. Le dispatcher m'a posé des questions remplies de finesse et d'intelligence après que JE lui aie dit que JE m'étais disloqué le genou : "Est-ce que c'est à vous que c'est arrivé? Est-ce qu'il y a une grosse perte de sang? Respirez-vous normalement?" Oui, c'est arrivé à mon genou, c'est ça que je voulais dire par "je". Le genou est disloqué, j'ai pas dit que mon fémur et mon tibia sortaient de ma chair. Je te parle et tu me comprends, penses-tu que je respire assez bien? Vraiment, tout pour me mettre en confiance.
Les ambulanciers sont arrivés. Un gars et une fille. La fille était plus forte et plus grande que le gars. Je leur ai demandé de me remettre le genou dans le sens du monde. Ils m'ont dit qu'ils ne savaient pas comment faire ça, ont pris ma pression, mon pouls, ont préparé la civière, m'ont demandé si je voulais aller à St-Sacrement ou à St-François, m'ont attachée, m'ont embarquée, ont remercié mes collègues/amies et le gars a pris le volant.
Je n'avais pas grand chose à dire. L'ambulancière était à l'arrière avec moi et a commencé à me poser plein de questions. Elle écrivait les réponses sur son gant de latex. À l'hôpital, elle a remâché tout ça à l'infirmière qui avait dit : "C'est le genou qu'on attendait?" Pendant un instant, je me suis dit qu'ils avaient décidé sans m'en parler de m'amputer le genou et de le donner à quelqu'un d'autre. Oui, j'étais le genou qu'ils attendaient.
Une préposée à la chaise roulante m'a parkée dans la salle d'attente en me disant que ça ne serait pas très long. Elle avait dit vrai, ça a pris moins de 24h. Je suis restée dans cette salle, à voir passer tout le monde avant moi, pendant 7h. Au bout de 7h, j'ai attendu 30 autres minutes dans la salle d'examen. Une heure après mon arrivée en ambulance, une tête grise que j'ai reconnue assez vite s'est présentée dans la porte vitrée de l'hôpital. Ma mère, qui avait été appelée par ma blonde, à ma demande, pour l'avertir que j'aurais besoin d'un lift pour m'en aller, était venue attendre avec sa fille. J'ai pleuré. Je me sentais tellement toute seule depuis 60 minutes ... Ma mère m'a parlé de ma nièce, de mon neveu et ma pression est tombée, j'ai attendu comme une grande fille, accompagnée, enfin, de sa maman.
Finalement, Dr. J. est venu, m'a posé des questions, m'a fait quelques manipulations, j'attendais toujours d'entendre mon "pop". Le Doc a dit : "C'est pas un genou disloqué, c'est une déchirure du ménisque. Retournez chez vous et attendez. Voulez-vous des béquilles?"
J'ai dit : "Oui, svp." Et je suis partie avec ma mère. J'ai au moins appris que je ne m'étais jamais disloqué le genou, ever. Depuis 2001 ou 2002, période à laquelle je me souviens avoir eu mon premier épisode douloureux au genou, mon ménisque se déchirait régulièrement. Une fois au deux ou trois mois peut-être. Chaque fois, je pensais que je replaçais mon genou disloqué, mais non. Ce qui arrivait plutôt, c'est que mon ménisque se déchirait un peu, pas assez, le morceau pendant dans l'articulation retournait sûrement à sa place quand je mettais ma jambe droite.
Le vendredi 25 mai, il a déchiré complètement. Du moins, c'est mon hypothèse. Je pourrais passer une résonance magnétique pour en avoir le coeur et les yeux nets, mais j'ai pas envie. Si mon genou ne me plaît plus ou s'il m'empêche de faire des p'tites choses que j'aime comme monter un escalier et le descendre, je pourrai aussi envisager une opération de 5 à 20 minutes en laparo pour enlever le bout déchiré de mon ménisque.
Pour le moment, ça baigne. Je ne pense pas me faire opérer. Ça fait une semaine que c'est arrivé, j'ai eu trois jours de béquille, trois jours de canne et je marche seule maintenant. J'ai aussi pris ma douche assise sur un petit banc pendant une semaine. C'était vraiment très pratique. Le petit banc m'aidait à terminer mes ascensions d'escalier quand ma jambe ne pouvait pas du tout porter un gramme de poids. Ma belle Moustachue aussi m'a aidée. Elle a tout fait, TOUT, pendant la première fin de semaine. Moi, j'équeutais des fèves allongée sur le divan du salon.
Et je donnais des ordres. J'aime mieux donner des ordres quand je peux faire la tâche moi-même mais que je décide de le demander quand même. Quand j'ai pas le choix, it's no fun.
Aujourd'hui, mon genou me dit qu'il existe. À part les deux premières journées de rémission (incluant la soirée de l'accident), je n'ai pas vraiment eu mal au genou. Dès le dimanche matin, la douleur avait disparue, ne restait qu'une extrême faiblesse et une amplitude de merde. Là, puisque je marche plus et mieux, mon genou aura quelques crampes. Mon Doc de famille m'a avertie.
Mais je vais assez mieux pour aller aider ma maman dans la préparation d'une réception pour la fête de mon oncle J.-M. C'est un oncle que je n'aimais pas. En vieillissant, lui comme moi, ça va mieux.
Z.
Vendredi le 25 mai, alors que je me restaurais d'un lunch assez ordi au petit parc urbain près du bureau, avec plusieurs collègues/amies, l'envie m'est venue de me lever. Ça arrive, des fois, quand je suis assise par terre, après un temps, je veux me relever. J'ai donc tassé quelques petites choses du chemin et ai entrepris de lever mon cul de terre.
Je pense que j'aurais dû rester assise pour le restant de mes jours parce que quand ma jambe à demi dépliée a essayé de rejoindre sa jumelle, mon ménisque a déchiré.
Mais je ne pensais pas que c'était ça. Non, je pensais naïvement que, comme d'habitude, mon genou se disloquait partiellement. Comme d'habitude, donc, je n'avais qu'à étirer ma jambe, la mettre bien droite et j'entendrais le "pop" qui signifie la fin de mon rush d'adrénaline.
Le "pop" n'est jamais venu. Jamais. J'ai tiré, j'ai déplié, j'ai aussi crié un peu. M.-F. a aussi tenté de tirer pour remettre le tout en place. Rien n'y faisait. Après consultation avec des mes collègues/amies, j'ai décidé d'appeler l'ambulance. Le dispatcher m'a posé des questions remplies de finesse et d'intelligence après que JE lui aie dit que JE m'étais disloqué le genou : "Est-ce que c'est à vous que c'est arrivé? Est-ce qu'il y a une grosse perte de sang? Respirez-vous normalement?" Oui, c'est arrivé à mon genou, c'est ça que je voulais dire par "je". Le genou est disloqué, j'ai pas dit que mon fémur et mon tibia sortaient de ma chair. Je te parle et tu me comprends, penses-tu que je respire assez bien? Vraiment, tout pour me mettre en confiance.
Les ambulanciers sont arrivés. Un gars et une fille. La fille était plus forte et plus grande que le gars. Je leur ai demandé de me remettre le genou dans le sens du monde. Ils m'ont dit qu'ils ne savaient pas comment faire ça, ont pris ma pression, mon pouls, ont préparé la civière, m'ont demandé si je voulais aller à St-Sacrement ou à St-François, m'ont attachée, m'ont embarquée, ont remercié mes collègues/amies et le gars a pris le volant.
Je n'avais pas grand chose à dire. L'ambulancière était à l'arrière avec moi et a commencé à me poser plein de questions. Elle écrivait les réponses sur son gant de latex. À l'hôpital, elle a remâché tout ça à l'infirmière qui avait dit : "C'est le genou qu'on attendait?" Pendant un instant, je me suis dit qu'ils avaient décidé sans m'en parler de m'amputer le genou et de le donner à quelqu'un d'autre. Oui, j'étais le genou qu'ils attendaient.
Une préposée à la chaise roulante m'a parkée dans la salle d'attente en me disant que ça ne serait pas très long. Elle avait dit vrai, ça a pris moins de 24h. Je suis restée dans cette salle, à voir passer tout le monde avant moi, pendant 7h. Au bout de 7h, j'ai attendu 30 autres minutes dans la salle d'examen. Une heure après mon arrivée en ambulance, une tête grise que j'ai reconnue assez vite s'est présentée dans la porte vitrée de l'hôpital. Ma mère, qui avait été appelée par ma blonde, à ma demande, pour l'avertir que j'aurais besoin d'un lift pour m'en aller, était venue attendre avec sa fille. J'ai pleuré. Je me sentais tellement toute seule depuis 60 minutes ... Ma mère m'a parlé de ma nièce, de mon neveu et ma pression est tombée, j'ai attendu comme une grande fille, accompagnée, enfin, de sa maman.
Finalement, Dr. J. est venu, m'a posé des questions, m'a fait quelques manipulations, j'attendais toujours d'entendre mon "pop". Le Doc a dit : "C'est pas un genou disloqué, c'est une déchirure du ménisque. Retournez chez vous et attendez. Voulez-vous des béquilles?"
J'ai dit : "Oui, svp." Et je suis partie avec ma mère. J'ai au moins appris que je ne m'étais jamais disloqué le genou, ever. Depuis 2001 ou 2002, période à laquelle je me souviens avoir eu mon premier épisode douloureux au genou, mon ménisque se déchirait régulièrement. Une fois au deux ou trois mois peut-être. Chaque fois, je pensais que je replaçais mon genou disloqué, mais non. Ce qui arrivait plutôt, c'est que mon ménisque se déchirait un peu, pas assez, le morceau pendant dans l'articulation retournait sûrement à sa place quand je mettais ma jambe droite.
Le vendredi 25 mai, il a déchiré complètement. Du moins, c'est mon hypothèse. Je pourrais passer une résonance magnétique pour en avoir le coeur et les yeux nets, mais j'ai pas envie. Si mon genou ne me plaît plus ou s'il m'empêche de faire des p'tites choses que j'aime comme monter un escalier et le descendre, je pourrai aussi envisager une opération de 5 à 20 minutes en laparo pour enlever le bout déchiré de mon ménisque.
Pour le moment, ça baigne. Je ne pense pas me faire opérer. Ça fait une semaine que c'est arrivé, j'ai eu trois jours de béquille, trois jours de canne et je marche seule maintenant. J'ai aussi pris ma douche assise sur un petit banc pendant une semaine. C'était vraiment très pratique. Le petit banc m'aidait à terminer mes ascensions d'escalier quand ma jambe ne pouvait pas du tout porter un gramme de poids. Ma belle Moustachue aussi m'a aidée. Elle a tout fait, TOUT, pendant la première fin de semaine. Moi, j'équeutais des fèves allongée sur le divan du salon.
Et je donnais des ordres. J'aime mieux donner des ordres quand je peux faire la tâche moi-même mais que je décide de le demander quand même. Quand j'ai pas le choix, it's no fun.
Aujourd'hui, mon genou me dit qu'il existe. À part les deux premières journées de rémission (incluant la soirée de l'accident), je n'ai pas vraiment eu mal au genou. Dès le dimanche matin, la douleur avait disparue, ne restait qu'une extrême faiblesse et une amplitude de merde. Là, puisque je marche plus et mieux, mon genou aura quelques crampes. Mon Doc de famille m'a avertie.
Mais je vais assez mieux pour aller aider ma maman dans la préparation d'une réception pour la fête de mon oncle J.-M. C'est un oncle que je n'aimais pas. En vieillissant, lui comme moi, ça va mieux.
Z.
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