Nous vendons notre condo. Nous voulons une maison. Et un terrain pour Pou.
Pour la première fois, nous devons vendre ET acheter. Seulement acheter, c'était facile, c'était amusant. Le première hypothèque est toujours un peu stressante, mais rien pour faire de l'urticaire. Quelques visites, un coup de coeur, une offre acceptée... et hop! Nous sommes propriétaires. On ne se posait pas trop de questions. Nous partions d'un appartement, notre premier, et nous prenions un condo, pour rester en ville. Juste pour dire qu'on ne payait plus dans le vide. Pour faire ce qu'on voulait ... sauf avoir un BBQ, sauf crier dans les corridors, sauf déneiger quand on voulait, sauf poser une verrière à notre terrasse, sauf tuer notre voisin, M. Gagnon.
Les contraintes, je vivais très bien avec elles. Je savais à quoi m'attendre en achetant une unité à Place Jean-Talon. J'étais heureuse (et je le suis encore pour le moment.) Mais l'été devient ennuyant. Je suis pâle, la vie en ville ne me donne pas beaucoup de soleil. Je pourrais me faire griller la couenne dans un parc, mais j'en ai pas envie. J'ai pas envie de partager mon bout de gazon. Je regarde donc la chaleur, lorsqu'elle est palpable à l'extérieur, et je sue en dedans. Je squatte les patios de ma mère et de mon beau-frère.
Je veux une maison pour revoir mon chien faire la danse de Saint-Guy dans l'herbe. Je veux le voir courir et revenir la langue pendante. Je veux le voir se cacher du jet d'eau que j'utiliserais pour laver mon auto dans mon entrée d'agregat. Je veux qu'il jappe seulement quand il est vraiment en danger, pas à n'importe quel bruit dont il ne voit pas la provenance dans le condo.
La banlieue me semble maintenant attirante. J'ai vingt-sept ans et je suis à la recherche d'une maison cosy et aérée. D'une terrasse ou d'une galerie immense pour y show-offer mon énorme BBQ tout neuf et pour y recevoir ma famille et mes amis jusquà tard le soir sans me soucier des places de stationnement ou du détecteur de fumée qui part parce que ma poêle chauffe un peu trop. C'est maintenant que je veux de la verdure chez moi. Ma blonde veut du soleil et je suis d'accord, les plantes pousseront mieux!
Mais c'est dur. Neuf maisons de visitées et malgré un petit coup de coeur auquel je trouve quand même des défauts, nous n'avons rien trouvé qui vaille la peine d'être mentionné... sauf si c'est pour parler de sa médiocrité.
Nous en visitons une dixième ce soir. Beaucoup de potentiel sur la fiche immobilière. Mais beaucoup de vautours qui tournent autour aussi, nous ne sommes pas les seuls rapaces.
C'est stressant d'être stressé.
Z.
mercredi 3 août 2005
lundi 1 août 2005
C'tu nécessaire?
Les rimes en aè, oè et oé.
Malaèse.
Noère.
Moé.
Toé.
Croère.
C'tu nécessaère? Ben ça a l'aèr!
Malaèse.
Noère.
Moé.
Toé.
Croère.
C'tu nécessaère? Ben ça a l'aèr!
lundi 4 juillet 2005
L'homme du parcomètre
J'ai terminé mon contrat gouvernemental de correction d'examens de français.
C'était pénible cette année. Je n'étais pas triste de terminer la besogne (plus tard qu'à l'habitude de surcroît).
Je suis donc revenue à mes habitudes de femme de maison. Je joue à Spyro sur le PlayStation, un cadeau de Bébé, je fais du lavage, je plie minutieusement les vêtements, je fais un peu (si peu cet été) de cuisine, je lis, je visite ma maman.
Ce matin, je suis allé faire un tour au Club Price avec elle. Devrais-je maintenant appeler cet endroit Costco? Peut-être, mais pour moi, c'est encore le Club Price. Bref, quelques achats gourmands plus tard, je suis sur le chemin du retour. Dans la rue qui fait le coin avec mon bloc, un homme se repose, le ventre sur le parcomètre. Je ne comprends pas. Et quand je ne comprends pas, je ris. Monsieur est assez gras. Un triple crème. Et il a le ventre divisé en deux par le parcomètre qui lui pèse sur les chairs. Je ne comprends pas que je vous dis. Comment peut-il être confortable et pourquoi, criss, pourquoi s'accoter la bedaine et non les hanches, ou les fesses, ou un bras, pour aérer l'aisselle? On aurait dit qu'il faisait un test : il avait un air très sérieux le bonhomme. "Je vais voir si ce parcomètre peut me soutenir." Je ne sais pas. En tous cas, très drôle. Je le revois encore, bien imbriqué dans le poteau de métal.
Vous savez pourquoi il fait ça?
Dites-le moi.
Z.
C'était pénible cette année. Je n'étais pas triste de terminer la besogne (plus tard qu'à l'habitude de surcroît).
Je suis donc revenue à mes habitudes de femme de maison. Je joue à Spyro sur le PlayStation, un cadeau de Bébé, je fais du lavage, je plie minutieusement les vêtements, je fais un peu (si peu cet été) de cuisine, je lis, je visite ma maman.
Ce matin, je suis allé faire un tour au Club Price avec elle. Devrais-je maintenant appeler cet endroit Costco? Peut-être, mais pour moi, c'est encore le Club Price. Bref, quelques achats gourmands plus tard, je suis sur le chemin du retour. Dans la rue qui fait le coin avec mon bloc, un homme se repose, le ventre sur le parcomètre. Je ne comprends pas. Et quand je ne comprends pas, je ris. Monsieur est assez gras. Un triple crème. Et il a le ventre divisé en deux par le parcomètre qui lui pèse sur les chairs. Je ne comprends pas que je vous dis. Comment peut-il être confortable et pourquoi, criss, pourquoi s'accoter la bedaine et non les hanches, ou les fesses, ou un bras, pour aérer l'aisselle? On aurait dit qu'il faisait un test : il avait un air très sérieux le bonhomme. "Je vais voir si ce parcomètre peut me soutenir." Je ne sais pas. En tous cas, très drôle. Je le revois encore, bien imbriqué dans le poteau de métal.
Vous savez pourquoi il fait ça?
Dites-le moi.
Z.
lundi 2 mai 2005
http://www.dyketees.com/
Une fois aux trois mois environ, je visite ce site pour sourire un peu.
Il existe une panoplie d'objets, de vêtements et d'utilitaires en trois dimensions aux slogans homosexuels... les plus drôles et les plus ingénieux se retrouvent sur ce site. Je me surprends à vouloir afficher ma bisexualité et mon homosexualité de fait au moyen d'un t-shirt ou d'un macaron. Je veux écrire dans un journal "I'm a gay and it's ok", je veux avoir le sac jaune qui dit "I lick (like!!) girl". Je veux que ma blonde porte le 2QT2BSTR8 (Too cute to be straigh : je ne comprenais rien non plus du 2QT2BBIO, bref, je ne suis pas vite vite) ou le "Hey! Nice mullet!". Je veux m'entourer de slogans qui disent pour moi ce que je suis, ce que je pense.
À Noël, on avait commandé des aimants du genre. Joie!
Ma fête s'en vient... allez visiter le site!
Z.
Il existe une panoplie d'objets, de vêtements et d'utilitaires en trois dimensions aux slogans homosexuels... les plus drôles et les plus ingénieux se retrouvent sur ce site. Je me surprends à vouloir afficher ma bisexualité et mon homosexualité de fait au moyen d'un t-shirt ou d'un macaron. Je veux écrire dans un journal "I'm a gay and it's ok", je veux avoir le sac jaune qui dit "I lick (like!!) girl". Je veux que ma blonde porte le 2QT2BSTR8 (Too cute to be straigh : je ne comprenais rien non plus du 2QT2BBIO, bref, je ne suis pas vite vite) ou le "Hey! Nice mullet!". Je veux m'entourer de slogans qui disent pour moi ce que je suis, ce que je pense.
À Noël, on avait commandé des aimants du genre. Joie!
Ma fête s'en vient... allez visiter le site!
Z.
mercredi 27 avril 2005
La vraie job - part II -
Lundi soir, après quelques gorgées de bière blonde à l'Échouerie, je suis revenue à la maison, guide de correction dans mon sac. Ce guide dictera mes faits et gestes du 10 mai au je-ne-sais-pas-quoi juin. Il me dira si je dois pénaliser un élève pour sa syntaxe ou pour sa grammaire, dans le doute, il me guidera, c'est son boulot, vers une cote B ou une cote C. Il garde aussi la science infuse du calcul de la cote R... une mystérieuse et nouvelle précision de cette année.
Je suis revenue avec mon guide, disais-je, parce que je vais le mettre beau. Je vais sûrement lui donner un p'tit coup de marqueur, de liquide correcteur. Je vais peut-être même le relire en partie! Mais ce n'est pas mon intention première. Je préfère m'approprier le guide lors de la correction des copies, ça permet de me situer dans son univers, d'avoir des exemples sous la main.
Si je revenais du boulot lundi et qu'aujourd'hui, mercredi, je n'y suis plus, c'est que c'était la fin de la session de formation. Trois jours bien sentis. De là la petite bière de fin de journée. À la correction, tout est prétexte à la bière. La fin de la formation, la fin de la semaine, le milieu de la semaine, un anniversaire, la fin de la correction. On se croirait au cégep.
D'ailleurs, les superviseurs nous traitent comme des étudiants. Ce sont tous des profs le reste de l'année. Je suppose que c'est une déformation professionnelle que de "nous faire la classe" même au gouvernement. En formation, ce sont des cours magistraux, et les questions ne sont pas toujours les bienvenues. En correction, nous sommes divisés en classe et nous avons chacun un professeur pour nous surveiller. Quelques fois, la directrice vient faire son tour dans le cubicule, elle prend la parole, elle nous sermonne, nous met en garde ou nous encourage pour qu'on soit gentils jusqu'à la fin de l'année. C'est un peu bébéliénant.
Mais payant.
Alors je mets ma couche et je serai "oui, présente, Monsieur" le 10 mai pour la reprise des travaux.
Z.
Je suis revenue avec mon guide, disais-je, parce que je vais le mettre beau. Je vais sûrement lui donner un p'tit coup de marqueur, de liquide correcteur. Je vais peut-être même le relire en partie! Mais ce n'est pas mon intention première. Je préfère m'approprier le guide lors de la correction des copies, ça permet de me situer dans son univers, d'avoir des exemples sous la main.
Si je revenais du boulot lundi et qu'aujourd'hui, mercredi, je n'y suis plus, c'est que c'était la fin de la session de formation. Trois jours bien sentis. De là la petite bière de fin de journée. À la correction, tout est prétexte à la bière. La fin de la formation, la fin de la semaine, le milieu de la semaine, un anniversaire, la fin de la correction. On se croirait au cégep.
D'ailleurs, les superviseurs nous traitent comme des étudiants. Ce sont tous des profs le reste de l'année. Je suppose que c'est une déformation professionnelle que de "nous faire la classe" même au gouvernement. En formation, ce sont des cours magistraux, et les questions ne sont pas toujours les bienvenues. En correction, nous sommes divisés en classe et nous avons chacun un professeur pour nous surveiller. Quelques fois, la directrice vient faire son tour dans le cubicule, elle prend la parole, elle nous sermonne, nous met en garde ou nous encourage pour qu'on soit gentils jusqu'à la fin de l'année. C'est un peu bébéliénant.
Mais payant.
Alors je mets ma couche et je serai "oui, présente, Monsieur" le 10 mai pour la reprise des travaux.
Z.
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