Je corrige les examens d'adolescents qui aspirent aux bancs inconfortables de la belle institution pot-ée du cégep.
C'est su.
Je travaille dans un endroit aux conduits d'aération malsains, où il faut demander la permission pour avoir un nouveau stylo vert, où il faut trouver le "responsable" pour baisser ou monter le chauffage qui n'est jamais à une température humainement vivable, où le frigo garde au frais des lunchs cachés dans un sac à lunch déjà refroidissant. Je travaille dans un bureau gris et aubergine où la pause est à 10h15 et à 14h15, elle dure quinze minutes. Quand je me sens wild, elle en dure seize. Je prends l'ascenceur pour monter comme pour descendre. Je ne me force pas pour monter les sept étages à pieds, ça ne m'apporterait rien sauf des cernes supplémentaires sous les aisselles, mais je félicite ceux et celles qui le font parce que c'est leur façon de se sentir moins encroûtés, moins fonctionnaires. Et pour ça, ils gagnent un point parce que les fonctionnaires qui travaillent aux autres étages de ma bâtisse prennent l'ascenseur, des fois, pour descendre du premier. Oui.
J'affirme, maintenant, que si je travaillais au premier, je ne prendrais jamais l'ascenseur, ever. Sauf si j'avais une cheville foulée ou un tibia fracturé.
Je pense que plus on travaille dans cette mini tour, plus on oublie l'existence des escaliers. Pour ma part, les marches ne sont là qu'en cas de feu.
Je travaille dans un bureau qui attend l'arrivée de la cuvée temporaire d'employés du printemps (moi et gang de nerds) pour préparer un exercice de feu. On reçoit la visite du plate en chef qui vient nous parler du plan d'évacuation (des eaux souillées) en cas d'incendie. Il nous explique les consignes comme s'il parlait d'un sujet vaiment important. Nous on l'écoute et on se dit : "Yes, on manque encore vingt minutes de travail et on est payé!" (Quand on travaille là, on accumule des neurones paresseuses de fonctionnaire : toute minute non travaillée et payée se compte.) Quand il a fini son discours, le plate en chef repart et nous, on compte les heures avant que la sonnerie parte. Parce que, le plate, il nous a bien a-ver-tis qu'on ne saurait pas à l'avance le moment de l'exercice. Ça peut sonner à tout moment. Beware! Ouh!
Le lendemain, ça sonne. Les responsables d'étage se mettent un dossard fluo. Il devait ête caché sous leur chaise de bureau, comme les gilets de sauvetage dans les avions. Ils l'ont sorti d'une main tremblottante : "C'est aujourd'hui que ça se passe." On les voit se poster dans la cage d'escalier et tenir les portes ouvertes. S'il y a quatre ou cinq qui y passent, c'est eux, les kamikazes de la rue Prince-Édouard. Je leur dois ma vie en avance.
Nous sortons en jasant comme nous le faisions lors d'exercices semblables au primaire. Nous allons loin dans la rue, nous avons envie de partir. Mais ce sont de précieuses minutes non travaillées payées. Personne ne bouge.
On attend longtemps. Toujours trop longtemps pour rien. Ensuite, ah, déjà, on peut remonter. L'ascenseur chauffe. Les escaliers aussi. Le calme revient. Les plates se félicitent : quel joli exercice de feu, vous voyez bien que nous sommes compétents.
Notons que les cas problèmes ont été avertis et évacués avant les autres. Des cas de panique au son des cloches, de chaises roulantes, de mobilité de cerveau réduite. S'il y a un vrai feu, ces cas-là, il va falloir s'en occuper. Mais pourquoi s'en soucier pour un simple essai? On les pitchera par le châssis, hein! Et on continuera notre descente joviale.
Demain : lundi.
Z.
dimanche 4 juin 2006
jeudi 27 avril 2006
Ça s'annule.
J'ai mangé du riz gras.
J'ai bu de la limonade rose.
J'ai l'impression, vraiment, que la limonade a fait fondre le gras du riz. J'ai bu le liquide et c'est comme si le riz que j'ai mangé était sain. Je suis en santé parce que j'ai bu du jus de citron rose. Je n'ai ingurgité aucun lipide. Fat's gone!
Z.
J'ai bu de la limonade rose.
J'ai l'impression, vraiment, que la limonade a fait fondre le gras du riz. J'ai bu le liquide et c'est comme si le riz que j'ai mangé était sain. Je suis en santé parce que j'ai bu du jus de citron rose. Je n'ai ingurgité aucun lipide. Fat's gone!
Z.
mardi 25 avril 2006
Où je parle de choses que M-Chue sait déjà.
Ma mère part en voyage aujourd'hui. Je ressens de l'abandon. De la peur aussi. J'angoisse à propos de son départ, comme si c'était moi qui partait pour une excursion d'hébertisme. L'horreur.
Une collègue de travail et amie gambler a perdu son bébé in utero, à trente-cinq semaines de grossesse. Elle a dû pousser, comme une future mère, le petit corps de son bébé mort pour le faire sortir de là. L'image me hante. Un accouchement normal d'un enfant qu'on pleure déjà depuis deux jours, sachant que son coeur ne bat plus, que le cordon ombilical ne sert plus à rien. Et la figure dévastée de ma collègue et amie, à l'église, son visage disparu.
Je pars garder LF et Pitch vendredi. Heureuse nouvelle ce matin, M-Chue viendra avec moi pour la fin de semaine. Auguste, lui, restera un peu plus longtemps à l'Arche.
De Blainville, j'irai à St-Jérôme chercher ma trousse de départ de conseillère OR (ouvert aux rondeurs). J'ai hâte de voir la marchandise!
Première formation habituelle du centre de correction terminée hier. J'ai du travail d'organisation à faire dans mon guide.
Premières révisions de CM terminées hier aussi. Travail intéressant. Pas très payant comparé aux missions par contre.
Je bois du jus de raisins.
Z.
Une collègue de travail et amie gambler a perdu son bébé in utero, à trente-cinq semaines de grossesse. Elle a dû pousser, comme une future mère, le petit corps de son bébé mort pour le faire sortir de là. L'image me hante. Un accouchement normal d'un enfant qu'on pleure déjà depuis deux jours, sachant que son coeur ne bat plus, que le cordon ombilical ne sert plus à rien. Et la figure dévastée de ma collègue et amie, à l'église, son visage disparu.
Je pars garder LF et Pitch vendredi. Heureuse nouvelle ce matin, M-Chue viendra avec moi pour la fin de semaine. Auguste, lui, restera un peu plus longtemps à l'Arche.
De Blainville, j'irai à St-Jérôme chercher ma trousse de départ de conseillère OR (ouvert aux rondeurs). J'ai hâte de voir la marchandise!
Première formation habituelle du centre de correction terminée hier. J'ai du travail d'organisation à faire dans mon guide.
Premières révisions de CM terminées hier aussi. Travail intéressant. Pas très payant comparé aux missions par contre.
Je bois du jus de raisins.
Z.
samedi 15 avril 2006
Où je parle de maman
Ma maman est sûrement énervée aujourd'hui : son fils de Blainville vient la voir et il amène avec lui toute sa petite famille. Ma belle-soeur, ses deux enfants. Famille qui n'existait pas il y a deux ans. Une famille-champignon, qui pousse en un rien de temps, dans un sol plein de fumier et d'amour. Il faut des deux pour l'équilibre.
Ma mère serait encore plus fofolle si elle savait qu'avant d'aller chez elle, mon frère, sa famille-shitake, mon autre frère, M-Chue et moi allons prendre des photos de famille un peu élargie (ou juste large) pour ses soixante ans.
Eh oui, Magenta Studio Photo nous attend vers 12h pour une séance kodak des plus divertissantes. Un bébé de deux mois qu'il faudra faire rire, une mignonnette d'un an qu'il va falloir cajoler, une M-Chue, je l'espère, qui sera un peu moins crampée du bedon, et les trois enfants P., gros, grands, festifs pour l'occasion. J'espère que nous prendrons plaisir à essayer des poses accrobatiques, j'espère que nous serons naturels, j'espère qu'on va rire, vraiment. Pour maman et pour continuer le congé de Pâques dans une atmosphère cool.
J'ai un peu mal au cou, un peu mal au dos, mais fuck it, tout ira bien.
J'aime ma maman.
Z.
Ma mère serait encore plus fofolle si elle savait qu'avant d'aller chez elle, mon frère, sa famille-shitake, mon autre frère, M-Chue et moi allons prendre des photos de famille un peu élargie (ou juste large) pour ses soixante ans.
Eh oui, Magenta Studio Photo nous attend vers 12h pour une séance kodak des plus divertissantes. Un bébé de deux mois qu'il faudra faire rire, une mignonnette d'un an qu'il va falloir cajoler, une M-Chue, je l'espère, qui sera un peu moins crampée du bedon, et les trois enfants P., gros, grands, festifs pour l'occasion. J'espère que nous prendrons plaisir à essayer des poses accrobatiques, j'espère que nous serons naturels, j'espère qu'on va rire, vraiment. Pour maman et pour continuer le congé de Pâques dans une atmosphère cool.
J'ai un peu mal au cou, un peu mal au dos, mais fuck it, tout ira bien.
J'aime ma maman.
Z.
vendredi 7 avril 2006
L'été, c'est fait pour jouer.
Criss qu'y'en a des blogues!
Y'en a tellement que peu sont intéressants.
Tout le monde pense qu'il peut écrire.
Moi la première.
L'été s'en vient même s'il est tombé de la slush avant hier. C'est sûr que le temps doux s'en vient parce que les quincailleries ont sorti leur nouveau stock d'ameublement et d'accessoires de patio.
Moi, je viens d'arriver dans ma maison, c'est encore neuf, cinq mois. Et je suis arrivée au moment où tout le monde s'enfermait pour l'hiver, l'hibernation de banlieue.
J'ai perdu mon idée, une brassée de lavage était terminée et je l'ai transférée dans la sécheuse et j'ai étendu ce que je ne fais pas sécher à la machine et j'ai eu faim et je suis allée me préparer un déjeuner. Me voilà assise, sans idée, avec un bagel, des cretons, des raisins et du yogourt bien dégorgé.
Ah oui! Des meubles d'extérieur. On vient de s'acheter un BBQ. Très bon deal au RénoDépôt. Pour l'instant, c'est la pièce centrale... du salon. On l'a monté dès qu'on l'a eu pour vérifier s'il n'avait pas été bossé. La boîte était déjà endommagée et ça a tout pris (TOUT) pour le rentrer dans notre Echo berline bleue. Bref, la vérification s'imposait. Il était parfait. Et là, dans le salon, il attend qu'on ait une terrasse.
On veut faire excaver l'entrée d'autos, la rallonger, y juxtaposer une terrasse à l'arrière et remplis tout ces trous de roches. De l'anguleuse en avant, de la douce en arrière. Peut-être que je vais pouvoir marcher nus pieds sur les galets.
Ensuite viendront les meubles de patio, dont une jolie table en métal recouverte de tuiles de céramique qui nous est tombée dans l'oeil au Canadian Tire. (Nous soignons notre oeil commun depuis ce temps-là.) On est vraiment des lesbiennes maintenant qu'on se retrouve toujours dans les centres de rénovation. On se sent "légitimes" dans ces endroits-là. On est à notre place, même si on ne mouille pas encore quand on voit une belle scalesaw. Même s'il nous faut encore l'aide des ti-missieux.
Y'a les chaises qui poseront toujours problème. D'abord parce que c'est pas mal ça le plus cher. "Mais non!", me direz-vous, "il y a des chaises de parterre très abordables!" Et vous auriez raison, mais laissez-moi donc finir mes explications, câlvâss. Deuxièmement, j'ai un gros cul. Eh oui! Il me faut donc des chaises spéééciaales. Des grandes chaises quoi. Larges surtout. Si on additionne le d'abord et le deuxièmement, ça nous donne des chaises pas mal chères.
Alors il y aurait le concept "banc" qui serait pas pire. Mais je vois déjà ma mère râler pour avoir un siège avec dossier. Alors mi-banc, mi-chaise. Ou encore, petit salon d'extérieur, avec table à café, confo pour la bière et la sangria, mais merdique pour les hot-dogs.
Il faut y penser. Vous avez des idées? Faut pas se gêner!
Z.
Y'en a tellement que peu sont intéressants.
Tout le monde pense qu'il peut écrire.
Moi la première.
L'été s'en vient même s'il est tombé de la slush avant hier. C'est sûr que le temps doux s'en vient parce que les quincailleries ont sorti leur nouveau stock d'ameublement et d'accessoires de patio.
Moi, je viens d'arriver dans ma maison, c'est encore neuf, cinq mois. Et je suis arrivée au moment où tout le monde s'enfermait pour l'hiver, l'hibernation de banlieue.
J'ai perdu mon idée, une brassée de lavage était terminée et je l'ai transférée dans la sécheuse et j'ai étendu ce que je ne fais pas sécher à la machine et j'ai eu faim et je suis allée me préparer un déjeuner. Me voilà assise, sans idée, avec un bagel, des cretons, des raisins et du yogourt bien dégorgé.
Ah oui! Des meubles d'extérieur. On vient de s'acheter un BBQ. Très bon deal au RénoDépôt. Pour l'instant, c'est la pièce centrale... du salon. On l'a monté dès qu'on l'a eu pour vérifier s'il n'avait pas été bossé. La boîte était déjà endommagée et ça a tout pris (TOUT) pour le rentrer dans notre Echo berline bleue. Bref, la vérification s'imposait. Il était parfait. Et là, dans le salon, il attend qu'on ait une terrasse.
On veut faire excaver l'entrée d'autos, la rallonger, y juxtaposer une terrasse à l'arrière et remplis tout ces trous de roches. De l'anguleuse en avant, de la douce en arrière. Peut-être que je vais pouvoir marcher nus pieds sur les galets.
Ensuite viendront les meubles de patio, dont une jolie table en métal recouverte de tuiles de céramique qui nous est tombée dans l'oeil au Canadian Tire. (Nous soignons notre oeil commun depuis ce temps-là.) On est vraiment des lesbiennes maintenant qu'on se retrouve toujours dans les centres de rénovation. On se sent "légitimes" dans ces endroits-là. On est à notre place, même si on ne mouille pas encore quand on voit une belle scalesaw. Même s'il nous faut encore l'aide des ti-missieux.
Y'a les chaises qui poseront toujours problème. D'abord parce que c'est pas mal ça le plus cher. "Mais non!", me direz-vous, "il y a des chaises de parterre très abordables!" Et vous auriez raison, mais laissez-moi donc finir mes explications, câlvâss. Deuxièmement, j'ai un gros cul. Eh oui! Il me faut donc des chaises spéééciaales. Des grandes chaises quoi. Larges surtout. Si on additionne le d'abord et le deuxièmement, ça nous donne des chaises pas mal chères.
Alors il y aurait le concept "banc" qui serait pas pire. Mais je vois déjà ma mère râler pour avoir un siège avec dossier. Alors mi-banc, mi-chaise. Ou encore, petit salon d'extérieur, avec table à café, confo pour la bière et la sangria, mais merdique pour les hot-dogs.
Il faut y penser. Vous avez des idées? Faut pas se gêner!
Z.
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